IAMDDB accuse les comptes officiels d'Israël d'avoir « volé son identité »
La musicienne mancunienne IAMDDB affirme qu'une silhouette générée par intelligence artificielle, très proche de la sienne, a été utilisée sans son consentement dans une vidéo diffusée le 15 octobre sur les profils officiels d'Israël sur les réseaux sociaux. Le clip, depuis supprimé, reprenait selon Mixmag une photo de presse de l'artiste datant de 2018, dont les logos avaient été modifiés.

La chanteuse IAMDDB, de son vrai nom Diana DeBrito, accuse le compte de réseaux sociaux géré par le gouvernement israélien d'avoir « volé son identité ». Selon le magazine britannique Mixmag, qui rapporte l'affaire dans un article signé par sa rédactrice en chef adjointe, Megan Townsend, une femme qui ressemble de près à l'artiste de Manchester, née au Portugal, apparaît dans une vidéo de propagande générée par intelligence artificielle. Ce clip a été publié le 15 octobre sur les profils officiels d'Israël sur les réseaux sociaux. Il a depuis été supprimé.1
Dans la vidéo, la femme récite des paroles telles que : « Colonisateurs ? Dites le nom. Des Juifs de Judée, c'est dans ce foutu nom. » La publication était accompagnée de la légende : « “Retournez d'où vous venez !” C'est ce que nous avons fait. » Mixmag cite le Manchester Evening News, selon lequel la vidéo a été réalisée par Eyal Be, réalisateur né en Israël et installé dans le New Jersey. Ce sont donc deux étapes distinctes : la conception du clip, attribuée par ce quotidien à un réalisateur, puis sa diffusion par les comptes officiels israéliens.1
Une photo de presse de 2018 comme point de départ
La ressemblance a été relevée par Rafael Shimunov, militant basé à New York. Il a retrouvé une photo de presse d'IAMDDB sur laquelle elle porte une tenue presque identique à celle de la femme du clip. Sur X, il a écrit : « Il n'y a rien de plus drôle qu'Israël qui vole l'identité d'une chanteuse britannique d'origine angolaise et portugaise pour créer une fausse Israélienne dans une vidéo d'IA sur l'autochtonie. Elle s'appelle IAMDDB. »1
D'après Mixmag, cette photo a été prise par Jackson Bowley. Elle figure dans un portrait de l'artiste publié par le magazine Crack en janvier 2018. IAMDDB y porte des vêtements de la marque néerlandaise BALR. et de Calvin Klein. Dans la vidéo, ces deux marques ont été masquées par l'IA et remplacées respectivement par « RALA. » et « Calvin Kale ». Cette comparaison est le principal élément matériel avancé à l'appui de l'accusation : à ce stade, elle ne repose pas sur une déclaration du réalisateur ou des comptes concernés, mais sur la confrontation entre l'image de 2018 et celle du clip, telle que décrite par Rafael Shimunov puis par Mixmag.1
La modification des logos a une portée précise, ce qui signifie qu'une image existante a pu servir de modèle et a été retouchée plutôt que créée de toutes pièces. Mixmag n'indique pas quel outil a été utilisé ni comment la photo a été intégrée à la production. Le magazine ne précise pas non plus si Jackson Bowley ou Crack ont réagi à la réutilisation de ce cliché.1
La réponse de l'artiste et les questions en suspens
IAMDDB a réagi sur X le 16 octobre, au lendemain de la diffusion, en s'adressant directement au compte : « Salut, oui, alors… pourquoi avez-vous volé mon identité pour quelque chose auquel je n'ai absolument pas consenti ? » Elle a aussi répondu au message de Rafael Shimunov : « Je suis tellement déconcertée en ce moment. » Ses deux messages portent sur le consentement : l'artiste affirme ne jamais avoir donné son accord à l'utilisation de son apparence, sans se prononcer, dans les propos rapportés, sur le contenu politique de la vidéo.1
Mixmag ne rapporte aucune réponse des comptes officiels israéliens, ni d'Eyal Be, à la question posée par la chanteuse. L'article ne dit pas non plus qui a supprimé le clip, à quelle date, ni pour quelle raison. À ce stade, la suppression est établie, mais ses motifs ne sont pas connus. Rien ne permet de dire, à partir de ces informations, si elle fait suite à l'interpellation de l'artiste.1
Concrètement, l'affaire concerne d'abord IAMDDB, dont l'apparence aurait été associée sans son accord à un message politique diffusé par un État, sur un sujet, l'autochtonie, que Rafael Shimunov met en contraste avec ses origines angolaises et portugaises. Elle concerne aussi le photographe et le magazine à l'origine de l'image de 2018. Elle touche enfin les comptes officiels qui ont relayé la vidéo, à qui l'artiste demande des comptes publiquement.1
Plusieurs suites resteraient possibles. Reste à savoir si le gouvernement israélien ou le réalisateur répondront aux accusations, s'ils reconnaîtront ou contesteront l'utilisation de la photo de presse, et si l'artiste donnera une suite à sa demande au-delà de ses messages sur X. Les informations disponibles, limitées au récit de Mixmag, ne permettent pas d'en dire davantage pour l'instant.1
IAMDDBIsraëlintelligence artificiellepropagandedroit à l'imageréseaux sociaux
Sources
- IAMDDB accuses Israel of "stealing her identity" in AI propaganda videoMixmag · Royaume-Uni · 6 novembre 2026
Cet article a été rédigé à partir des sources ci-dessus, et d'elles seules. Les chiffres et citations leur sont attribués par les appels de note.


